Sofien le porte de manière incomparable. D'autres aussi. C'est, du
moins, l'avis du rédacteur de ces lignes. Comme tout ce qui suit
d'ailleurs.
Noir ou bleu, bleu marine ou bleu ciel, délavé avec art ou élimé, ce
vêtement de toile un peu raide et faussement grossière revêt
magnifiquement le bas du corps. Il épouse le garçon au point de le
cacher et de le révéler en même temps, de l'habiller et de le
déshabiller simultanément, de le rendre mystérieux et attrayant. Il
rend même parfois désirable ce qui ne le serait pas naturellement.
Mais souvent il accroît la beauté enveloppée et devinée. Il aura
accompli complètement son office lorsqu'il aura glissé le long des
jambes, comme une caresse.
Il doit cette perfection-là à sa conception. Seconde peau résistante
et protectrice, ce vêtement a été conçu pour s'adapter aux mouvements
des travailleurs de force, modèles de virilité accomplie et puissante,
et pour se faire oublier. Et il se fait tellement oublier que le
regard découvre tout du mâle en ne voyant rien de ce qu'il voudrait
voir. Il met en valeur les fesses, ou le cul comme on préfère, et
accentue leur mouvement avec ses deux poches arrières exactement
cousues et sa couture centrale. On suit sans y penser le beau marcheur
ainsi vêtu.
De face, les cuisses roulent alternativement leurs muscles saillant
sous la toile ajustée. Le bassin danse légèrement et présente sur le
devant la braguette renforcée, pièce maîtresse de cet ensemble
sophistiqué, que le mouvement de la marche paraît animer d'une
présence presque autonome. Le regard effleure le corps en surfant sur
la toile qui effleure le corps. En position assise, le jean tendu sur
les cuisses ouvertes donne envie de les caresser et oriente surtout le
regard vers le renflement plein de l'entrejambe. L'admirateur aimanté
détourne quand même les yeux, par crainte d'être indiscret ou
peut-être découvert.
Et le geste en dit long, du garçon qui lance brusquement le bassin en
avant et pousse légèrement la toile du jean vers les genoux pour
diminuer l'excroissance révélatrice et qui soudain paraît le gêner.
Le jean déploie toute sa force muette lorsque celui qui le porte est
bien foutu et pense à autre chose qu'à son corps. C'est d'ailleurs une
caractéristique de la beauté humaine, qui retient de la profaner alors
même qu'elle exerce toute sa puissance d'attraction. C'est curieux, et
parfois douloureux, mais c'est ainsi. On pourrait appeler cela,
l'expérience du jean.
Le short
Ce vêtement léger doit son nom à sa coupe, il est taillé court. Il
présente plus d'attrait lorsque le torse est dénudé.
Serré ou ajusté, le tissu du short tendu laisse deviner, dessine ou
moule le paquet, et le rend visible alors qu'il est censé le cacher.
Large, au contraire, il laisse entrevoir, lorsque la position des
cuisses le permet et que nul tissu ne vient recouvrir les fruits, une
couille ou la queue. Les deux parfois, surprises en flagrant délit
d'exister.
La caleçon favorise ce genre d'apparition, le slip ou le boxer
s'apparente à la première forme de manifestation, voilée et
suggestive. On préfèrera le short blanc ou bleu, si possible marine.
Il ne dérobe pas au regard ce qu'il contient, mais au contraire, il
accroche le regard et dégage les jambes, par devant et par derrière.
Le torse
Il se prolonge vers le bas en un relief broussailleux. Plat, le ventre
est pareil à une falaise sur laquelle s'accroche un sentier vertical
de poils qui disparaît dans l'épaisse toison pubienne. Certains, qui
ont l'âme de défricheurs, jouent du rasoir et tondent cette végétation
souvent luxuriante. Ils privent le visiteur d'une odorante
exploration. Et les doigts qui aiment le contact sec et multiple de
ces poils drus, ne peuvent se perdre et jouer avec eux.
Le nombril
Du nombril, on ne chante pas assez l'étonnant enseignement.
Silencieusement, cette chaude concavité répète à chacun qu'il n'est
point le centre du monde, qu'il fut enfanté, qu'il fut un temps où il
n'existait pas.
Les cuisses
Désirables, lorsqu'elles sont écartées pour laisser pendre en leur
intersection lointaine les fruits toujours mûrs du mâle séduisant.
Elles tracent une invisible avenue, qui attire entre elles le visiteur
ému, et l'enserrent s'il répond à leur muette invitation au voyage.
Les mains alors enveloppent leur vivante masse musclée, sentent sous
la paume aventureuse la multitude des poils fins qui paraissent
couvrir leur nudité, gagnent dans ce frôlement sensuel les hanches et
la taille, imberbes et douces.
Et dans cette approche du corps d'un garçon nu,
L'odeur entêtante met mon désir à nu.
Et mon pieu embrasé ne peut cacher sa flamme,
Cette queue devant moi par moi aussi s'enflamme.
La queue
Entre les jambes, toujours. Enfin, sauf erreur de ma part.
Elle peut se balancer et heurter ainsi les cuisses, lorsque le mâle se
promène à poil dans son appartement, sur la plage ou dans les dunes.
Parfois, au vestiaire, lieu mythique par excellence. L'air ambiant
doit être chaud, car le froid possède sur elle un effet rétractant.
Elle reçoit d'autres noms, plus scientifiques ou moins poétiques,
comme verge ou pénis. Pieu, tige ou braquemart, bitte aussi. Pour
certains auteurs ou certaines imaginations, rarement petite, la queue
est désirable et possède des dimensions remarquables, forcément :
longue, et si possible large ou épaisse. La réalité offre mieux que le
rêve. Dixi.
Elle peut être au repos, comme un animal sauvage et indompté prêt à
bondir des fourrés, bandée à moitié, ou bandée complètement comme un
arc, même si elle ressemble plus à une flèche. Elle sera alors dure ou
turgescente, frémissante ou tendue, orgueilleuse ou provocante. Du
temps où il franchissait l'océan, le Concorde élancé l'évoquait assez
justement. Je trouve en tout cas.
Tous les mâles en sont fiers, ont peur de la perdre et aiment comparer
la leur à celle des autres.
Les couilles
Se cachent sous la queue, et donc entre les jambes, aussi.
Ce sont des bijoux, et avec la queue, elles constituent un service
trois pièces. Pour certains spécialistes qui les portent souvent
rasées, les couilles sont comme des boules ou des œufs de pigeon,
enfermées dans leur sac de peau. Elles peuvent être pendantes ou
contractées.
On les caresse, on les prend, on les malaxe, on les triture ou on les
presse comme des olives, parfois on les saisit à pleine main et la
poigne serrée les tire vers le bas, avec prudence cependant car elles
sont fragiles et sensibles au contact. Ce dernier procédé présente
aussi l'avantage de tendre la verge en érection, d'accroître
l'indescriptible sensation et d'augmenter l'effet qu'elle doit
normalement produire sur l'amant à conquérir. Et qui forcément se
tient devant, bouche bée.
Elles sont souvent pleines et dures, et il faut alors impérativement
les vider. Le vidage de couilles s'opère à partir de la queue bandée,
habillement ou maladroitement maniée.
L'érection
A l'âge où s'éveillent les sens, elle survient souvent comme une envie
d'éternuer. Certains écriraient "comme une envie de pisser". Cela
arrive, mais c'est moins poétique et ça ne chatouille pas de la même
manière.
Elle laisse perplexe le jeune mâle qui se découvre tel qu'en lui-même,
poussé vers l'avant. Sensation originelle, dedans et dehors, provoquée
par cette partie du centre de soi dépliée et gonflée dans un délicieux
picotement. Que faire de ce membre si familier devenu soudain
étranger, sinon le saisir et le sentir qui pulse et se tend plus
encore, chaud et ferme? Mais comment mettre un terme à cette tension
de soi qui paraît pourtant se suffire à elle-même?
Embarras du garçon, lorsque survient cette sortie de soi sous la
douche commune ou sur la plage. Et s'il n'a point de cousin ou de
copain pour apprivoiser ce phénomène troublant et dans un rire le
considérer, il n'a d'autre choix que celui de se tourner vers le mur
en rougissant ou de courir vers la mer qui lui tend ses bras
protecteurs pour le dérober aux regards inquisiteurs.
Plus tard, les tissus habitués à l'afflux du sang s'emplissent moins
inopinément. La queue réagit à ce que le garçon perçoit du corps d'un
autre garçon, ou d'une fille d'ailleurs, parfois des deux, ou à ce
qu'il éprouve en voyant ou en frôlant, ou à ce qu'il croit toucher en
rêvant.
Plus tard aussi, le garçon a pu apprendre, d'un autre ou de ses
tentatives malhabiles, à libérer le membre tendu de la semence qu'il
véhicule. De la première fois dans le sommeil à la première par sa
main, il a découvert la jouissance qui le porte hors de lui-même et
s'épanche dans le frémissement de sa chair mise à nu.
La masturbation
Elle peut être solitaire ou mutuelle, nocturne ou diurne, vigoureuse
ou langoureuse.
Lorsque la masturbation est mutuelle, la maladresse du débutant ajoute
au plaisir du masturbé, qui sent son membre ému de l'émotion même du
masturbateur qui touche un objet chaud, doux et vivant avec ce qu'il
faut de timidité, de crainte et d'émerveillement mêlés. Frémissement
du masturbé penché sur son membre ainsi effleuré puis saisi avec
hésitation par un autre à qui n'appartient pas ce membre unique et
intime, sensible et délicat, source d'un plaisir qui met en branle en
son tréfonds inconnu et le corps et la personne même.
Du coup, on dira aussi se branler. Mais la branlette, même mutuelle,
appartient à un genre mineur. Et pourtant…
Vibration longue et secrète et partagée d'un instrument de musique et
de jouissance, à la souple rigidité, qui communique sa chaleur à la
poigne à peine serrée qui enveloppe ce cylindre de chair si ductile
qu'il n'atteint sa majesté que gonflé et pointé, vers le haut ou vers
le bas d'un corps frissonnant qui semble s'y concentrer, ou devant
lui, pointe avancée du corps qui tout entier semble y refluer, sorte
d'éperon majestueux et tendu d'un navire de combat qui fend la mer
hardiment et surplombe l'écume, et s'enfonce dans la masse liquide et
en ressort, la coque inlassablement frôlée, caressée, anesthésiée.
La main, fourreau de chair enserrant la hampe ferme et chaude, de haut
en bas la main va, alerte et légère, elle libère le gland de sa douce
enveloppe protectrice, qui surgit ainsi au sommet, pour disparaître et
apparaître à nouveau, prisonnier d'un coulissement perpétuel, piston
de chair actionné régulièrement et qui chauffe doucement, va et vient
qui irradie le corps en ondes successives, rétraction délicieuse des
couilles rappelées vers l'intérieur où elles ne peuvent plus entrer
toutes seules, serrées tout contre la base de l'arbre de chair dressé
et caressé, écartement des cuisses pour laisser le passage au
fourmillement qui monte, et qui monte, branlement de la main et du
sexe ébranlé, à la couronne du gland rencontrés.
Onde qui ébranle et traverse le membre, et le contracte en des spasmes
qui paraissent le secouer et le gonfler et le tendre davantage, et qui
de la chair avivée s'empare en vagues successives, qui s'écrasent et
explosent à la pointe du dard. Un coup, deux coups et trois, le cul et
le membre se contractent, et le jet liquide surgit, s'élance et
retombe visqueux sur le visage, et la poitrine, et le ventre. Plus
prosaïquement, sur le sol ou sur les draps.
Tout dépend de ce que visait le tireur, et de sa position, au moment
où il a fermé les yeux pour s'abandonner à l'orgasme dévastateur.
Tirer un coup
Expression familière. S'utilise à propos du chasseur, ou du mâle en
chaleur, parfois à propos des deux car le mâle en chaleur peut se
transformer en chasseur. Cette expression rime avec une autre
expression familière: boire un coup. Tirer et boire un coup peuvent
devenir des actions concomitantes. Il suffit d'être deux, consentants
: l'un tire et l'autre boit. Ils peuvent inverser, s'ils le
souhaitent, ou même accomplir les deux actions simultanément, chacun
buvant le coup tiré par l'autre. Dans ce dernier cas, les deux sont
exclusivement mâles. Et en toute circonstance, ils doivent se bien
connaître.
Les fesses
On les aperçoit sous la toile ou le tissu qui les couvre dans un
intime enveloppement, mais toutes ne possèdent pas un égal pouvoir de
séduction.
Pleines et fermes, tendues et détendues au ryhtme de la marche, ces
sœurs jumelles par leurs courbes pleines peuvent provoquer une
silencieuse filature du mâle qu'elles trahissent. Le mouvement rythmé
de la marche hypnotise le suiveur. Elles paraissent appeler les mains
à la rescousse pour être enveloppées et massées.
Dénudées, entrevues dans quelque vestiaire, leur présence massive
parfois paraît incongrue, parfois seulement. Car il est de beaux
petits culs masculins qui attirent le regard et éveillent le désir. La
main aimerait frôler, comme pour faire frémir, par la chaleur de la
chair ainsi communiquée, l'intérieur de l'admirateur subjugué.
En beaux monts voisins, les fesses ont frontière commune, et cette
fente verticale livre à l'œil leur rapprochement et leur mutuel
frottement. Frontière, mais aussi lit encaissé par où l'eau se fraie
un chemin du dos ruisselant en passant sur la cambrure des reins vers
la base des fesses et les hauteurs enfouies des cuisses. Lit encaissé,
mais aussi ravin médian par où les doigts glissent aussi, guidés vers
une porte fermée et, plus loin encore, par un chemin de chair, vers
d'autres jumelles enveloppées. L'humide chaleur, de la peau fait
s'exhaler l'odeur.
En ce pays de chair,
Tout va par paire sauf la verge solitaire.
La bouche
Elle est formée de deux lèvres. Les plus séduisantes sont pulpeuses,
l'inférieure et la supérieure également, mais l'inférieure un peu plus
que la supérieure. C'est, ici aussi, l'avis du rédacteur de ces
lignes.
Elles forment d'abord la double porte de chair sur le seuil de
l'intérieur du corps et de soi. Par la bouche aussi, le souffle passe
qui atteste de la vie, et les aliments par quoi cette vie se nourrit.
Par elle, le corps reçoit de quoi demeurer corps vivant et chaud. La
faim et la bouche ont passé contrat dès l'origine.
Mais bien dessinées, avec leurs courbures centrales, elles sont faites
pour embrasser, non pas embrasser à la sauvette ou distraitement, en
pensant à autre chose ou à quelqu'un d'autre, en effleurant comme par
mégarde la joue ou le front.
Embrasser et être embrassé, un art, dans lequel certains excellent. Et
c'est régal de tout l'être, et bonheur partagé. Et cela pourrait ne
pas finir tellement le temps s'abolit dans la conjonction des bouches
aimantées.
Embrasser vraiment, être tout entier dans le baiser ou l'embrassement,
et les bras comme les mains ont part à cette rencontre des âmes et des
corps, à cette caresse qui s'apparente à l'acte vital de se nourrir, à
cet échange si intime dans lequel le corps est porté par plus que
lui-même.
Un doux baiser. Les lèvres ouvertes à demi se posent délicatement sur
la joue ou le nez, à la naissance du cou, dans le creux de l'oreille,
sur la verge tendre, sur la cuisse. Comme un papillon, va la bouche à
la découverte du corps dont elle ne se lasse pas.
Entre ses lèvres, se saisir de la lèvre inférieure puis de la lèvre
supérieure, chacune à son tour, comme l'on prendrait un quartier
d'orange tout juste sorti de sa peau, goûter la fraîcheur humide des
lèvres qui s'offrent ainsi, se délecter de la douce chair délicatement
pincée. Et poursuivre avec la pointe de la langue, comme on met du
rouge, et forcer la herse des dents blanches, et faire sortir de son
antre l'autre langue amicale qui n'attend que cela pour commencer la
danse.
Lèvres soudées et bouches acollées, salives et souffles mêlés,
embrasement humide par quoi l'on désirerait entrer en l'autre et qu'en
soi l'autre pénètre.
Pour embrasser, les lèvres doivent s'offrir mutuellement, et les yeux
parfois se fermer. Un baiser volé, l'est toujours avec délicatesse, à
la dérobée il s'envole, et laisse un goût d'inachevé, et porte en lui
une attente. Mais la bouche ne peut exercer son office en faisant
violence.
Dans son exploration chaque fois émerveillée, la bouche du garçon
descend jusque dans la sensible contrée masculine, et veut aussi
goûter à cet autre fruit protégé que nous ne comparerons pas à une
banane car c'est indigne d'un tel organe. Et la rime profane n'y
change rien. Sofien y a goûté. Il dirait que ce fruit a décidément bon
goût, lorsque la queue tout entière emplit la bouche avide, et se
laisse caresser par la langue enveloppante, et finit par céder à ses
ondulations pressantes, en éjaculant d'elle en elle le foutre tiède,
longuement distillé en des alambics inaccessibles aux agents du fisc.
Les parties et le tout
Sans le tout, les parties, ne possèdent cependant pas à elles seules
une suffisante puissance d'attraction. Pourtant, certains prennent une
partie pour le tout. Mais ce n'est pas le cas de l'auteur de ces
lignes, car l'expérience lui a montré que la queue seule, ou le cul,
ou les tétons durcis, ou la bouche même, fait rarement le mâle bon,
beau et craquant.
On en peut trouver l'une ou l'autre parfaite. Et même, chez certains
spécimens bien foutus, leur ensemble rassemblé en de justes
proportions, fera estimer le corps bien balancé. L'expression dit ce
qu'un corps peut provoquer dans le cœur soudain vibrant d'un compagnon
fasciné par l'apparition qui impressionne sa rétine.
Le mouvement l'anime et même arrêté, ce corps bien balancé laisse
affleurer son mouvement intérieur: l'âme et la danse s'unissent à
fleur de peau pour offrir une apparition vive et unique, qui de
l'intérieur jaillit pour être intérieurement accueillie.
Bien balancé le mec, comme un marin serré
Dans son uniforme blanc et immaculé,
Qui dans la nuit d'été, juste un peu déhanché,
Par une porte bleue en cachette est entré.
Le visage
Malgré tout cela, et aussi qu'une queue ne ressemble jamais à une
autre queue, seul le visage porte haut l'unité attirante de la
totalité du corps, couvert ou découvert. Dans sa nudité, il peut bien
resplendir. Seul, le visage lui accorde sa beauté. Il n'est pas deux
visages identiques, même ceux des jumeaux pourtant si
invraisemblablement semblables.
Et du visage l'on ne dira jamais assez qu'il ne tire pas sa véritable
beauté de la régularité des traits, de la douce fermeté de la peau ou
de son éclat coloré. Qui ignore que la beauté survit à l'âge, qu'elle
peut même rayonner davantage avec lui et que l'âge ne fait rien à la
jeunesse qui lui échappe parce qu'elle n'est pas enclose dans la chair
?
Et qui l'ignore a vécu à la surface des corps, et les corps l'ont
maintenu prisonnier. Son cœur a glissé sur les corps sans voir ce
qu'il espérait peut-être atteindre et de lui-même et de l'autre.
Jamais il n'a osé plonger son propre regard dans le regard qui donne
au visage de l'autre garçon sa profondeur et son attrait, et qui de
ses traits ou de ses formes gomme les possibles imperfections.
Du cœur, les yeux sont l'unique double porte vitrée et ils protègent
le corps d'indiscrètes voracités qui déchirent et laissent sur le bord
du chemin un garçon ou une fille trop vite possédés puis abandonnés.
A même la peau, le visage de ce garçon ou de cette fille portera les
traces de ces abandons successifs, et ses yeux trahiront l'incertitude
si douloureuse d'être aimé. Un regard croisé en comprendra peut-être
les marques déposées, et ce cœur fraternel frémira à l'imperceptible
beauté qui se cache en chacun, et de l'intérieur éclaire le visage
même meurtri par autrui.
De l'autre, on peut bien idéaliser les formes. Sa densité
irréfragable, qui se cache sous la souplesse de la chair et son
attrait, un jour surgira pour dire sans parole: Je suis moi, et ni toi
ni un autre. Est-ce moi que tu veux et mon regard, ou bien mon corps
et ses formes? Est-ce toi que je veux pareillement, ou bien ton corps
et ses formes?
Le visage du Page éclairé par la Lune
A des reflets d'argent qui le font précieux.
Son regard intérieur, soudain mystérieux,
Dans le tien a plongé comme dans la lagune.
Et sa main a tourné la page de ta nuit,
Son cœur à toi ouvert dissipe ta torpeur.
Et sa main a tourné la page de ta peur,
Sous son regard, aimé tu ne t'es plus enfui.
Au clair de la Lune mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume pour écrire un mot.
Ta plume est trop légère et sa trace éphémère,
De toi je suis fière car ma peine est légère,
Dit la Lune en secret à l'étonnant Pierrot.
Le visage sauvé a dit son dernier mot.
Un soir de février, à Janlo, ce sonnet fut offert.
La nuque
Saisi par la nuque, le garçon s'abandonne à la prise et se laisse
souplement aller contre moi, attiré par ce geste affectueux.
En prenant la main, j'établis le contact, en prenant par la main,
j'entraîne avec moi, en prenant par la nuque, je tiens sous ma garde
pour attirer contre moi. Et sous ma main sur la nuque posée s'unissent
la fragilité et la force en une étreinte d'amour et de mutuelle
confiance. Car en me laissant envelopper sa nuque, le garçon sent
qu'il se livre à ma présence et je sens pareillement son abandon et sa
chaude présence.
Pour aller du dos à la chevelure du garçon debout, ma main passe par
sa nuque qu'elle caresse, et sous la paume ouverte elle ploie en
frémissant. Sa ferme et douce souplesse paraît se communiquer dans ce
passage de la peau nue aux cheveux où la main se perd et se cache.
A la jonction de la tête et du corps, la nuque tient des deux parts et
paraît un pont vibrant lancé entre chacune, une vivante attache
mutuelle, une fragile passerelle de chair par quoi se transmet le flux
vital de l'une à l'autre reliées ensemble.
La nuque en sa nudité s'offre au regard et attendrit celui qui
l'aperçoit et y porte les yeux. Elle est du corps la part la plus
vulnérable et la plus gracieuse, je ne dis pas la plus sensible, car
la plus sensible chez les garçons se tient au bas du ventre entre les
jambes. La plus vulnérable, car elle paraît laisser entendre que si
quelqu'un la brise, il brisera le corps entier et la personne même, et
que nul ne s'en peut saisir avec insouciance, et que celui qui la
saisit et l'enveloppe de sa main devra consentir à ce que sa propre
nuque soit prise aussi.
Car la nuque ploie en sa souplesse. Et il peut faire ployer le garçon,
celui qui sous sa main tient sa nuque. Mais on ne doit faire ployer un
garçon malgré lui, ni l'agenouiller devant soi qui n'est pas plus
grand que lui. Et c'est pourquoi, le désir doit se muer d'abord en
attention, et lorsque l'attrait se transforme en tendresse, chaque
nuque doit s'abandonner à la main de l'amant, et les têtes se frôler
en une caresse immobile.
Prendre un garçon par la nuque
Et contempler son visage
Pour imprimer son image
Et ployer sur lui ma nuque
HISTOIRE N°2
Maxence
La chaleur, en ce début du mois de juin, avait fait refluer les
groupes d'élèves vers le bois tout proche, décor jadis, disait-on, des
rapines d'une bande de brigands sans scrupule. C'était du moins ce qui
se racontait, d'année en année, dans la cour de ce lycée de province.
L'imagination des adolescents s'était enflammée, bien sûr, et, que ce
soit aux récréations ou le soir à l'internat, tous se disputaient
l'honneur d'apporter à cette légende de nouvelles anecdotes. Je
finissais mon année de seconde. Le proviseur, véritable Harpagon,
avait longtemps refusé de donner son blanc-seing à l'organisation d'un
voyage de fin d'année. Il avait fallu que nos professeurs déploient
des trésors de diplomatie pour emporter la décision et fléchir son
obstination. Depuis un mois, nous savions que notre destination serait
les Pyrénées. Nous avions appris cette nouvelle de la bouche même du
proviseur. Il avait mis comme condition à son acceptation que nous
réalisions, par groupe de deux ou trois, des fiches sur chacune des
villes traversées durant notre séjour. Les professeurs avaient
approuvé cette mesure et les élèves, que cela n'avait guère enchanté
d'abord, s'était résignés à y voir un simple alibi culturel, qu'ils
auraient beau jeu de contourner dès qu'on serait loin du lycée.
Je m'étais associé Maxence, naturellement.
Depuis que j'étais entré au collège-lycée St ... , Maxence et moi
avions toujours été dans les mêmes classes. Dès la sixième, notre
amitié inconditionnelle avait suscité les sourires de nos camarades.
L'âge venant, les moqueries s'étaient faites plus cruelles. Nous
filions le parfait amour, disait-on, et je me souviens avec douleur
des deux lettres d'encre rouge (PD) qu'une main anonyme s'était un
jour permis de tracer sur mon cahier pendant l'interclasse. Ces
gamineries, le mot est de lui, n'avaient pas le pouvoir d'effrayer
Maxence. Au contraire, même. Il était sensationnel. Les parents, et
les adultes en général, ne s'étaient pas aperçu de notre connivence.
Pourtant, s'ils s'étaient montrés plus attentifs, ils auraient
certainement perçu à certains frôlements des chairs, à certains
croisements des regards, à certaines complicités des sourires, le
caractère ambigü de la fraternité qui me liait à Maxence. Aujourd'hui
même où j'hésite encore moi-même à parler déjà d'amour entre nous, je
dois confesser que notre amitié en portait toutes les marques.
Nous faisions tout ensemble : nous allions à la piscine ensemble, au
tennis, à l'équitation, au caté (eh, oui). J'aimais le regarder
lorsqu'il prenait son élan pour plonger, lorsqu'il enchaînait les
longueurs interminables. Sa fine musculature, le léger renflement de
son maillot, le dessin humide de ses fesses, tout cela me fascinait.
Mon regard était alors invinciblement attiré par son entrejambe.
L'entrée en seconde avait été pour nous une vraie déchirure. Par le
jeu des options, nous nous sommes retrouvés dans deux classes
séparées. Sauf en latin. Ces trois heures hebdomadaires furent pour
nous les plus belles de l'année. M. Dellier, notre vieux professeur,
aimait à nous faire étudier Tacite, Lucrèce, Horace. Quoique je
n'éprouvais alors qu'un goût limité pour les "Rosa, rosa, rosam" et
autres "Rosarum, rosis, rosis", j'étais toujours parmi les premiers à
entrer dans sa salle. Je me rappellerai toujours cette salle, la B112.
Maxence m'y rejoignait. Il s'installait à côté de moi et la caresse de
nos cuisses était plus délicieuse encore que ne l'auraient été une
étreinte ou un baiser. Les récréations aussi nous réunissaient. Nous
profitions des quinze minutes de relâche matinales, lorsqu'il ne
pleuvait pas, pour "aller affronter les brigands" dans le bois tout
proche. Lorsque nous étions sûrs que nous étions seuls, nous nous
donnions la main. Pour l'un comme pour l'autre, même si nous ne
mettions aucun mot sur nos sentiments, nous savions désormais que nous
nous aimions et que nous nous aimerions toute notre vie. Nous ne
parlions jamais de cela entre nous, en détail du moins. Il nous
semblait que toute désignation trop explicite aurait caricaturé ce que
nous étions l'un pour l'autre. N'importe quel mot aurait été trop
réducteur. Toute parole aurait été mensongère.
C'est avec beaucoup de plaisir que nous avons appris la destination de
notre séjour scolaire. J'espérais secrètement que les chambres soient
faites pour deux. Nous avons naturellement choisi de faire équipe pour
rédiger nos fiches. Dans le car, nous nous sommes assis côte-à côte.
Durant le voyage, nous avons apprécié les splendeurs romanes de
Moissac, les vieilles et magnifiques façades gothiques de Cordes, la
puisance de la formidable cathédrale d'Albi, symbole éternel de la
gloire de l'Eglise romaine victorieuse des Cathares. A Ille-sur-Têt,
nos souvenirs littéraires nous sont revenus en mémoire. Ah, comme nous
nous sentions prêts, Maxence et moi, à échanger nous aussi des
anneaux. La mort seule, comme chez Mérimée, scellerait le pacte que
nous aurions fait.
Font-Romeu, en Cerdagne, nous a accueilli pour douze jours de repos.
Trois lits par chambre, et zut ! On nous a adjoint Michel, un garçon
sûr de lui, hâbleur, élève indiscipliné, dragueur impénitent, qui n'a
d'ailleurs guère apprécié la perspective d'une cohabitation forcée
avec "les deux tapettes". Nous envisagions déjà avec appréhension un
tel séjour. Devoir partager l'intimité de ce rustre, ainsi le
surnommions-nous, ne nous réjouissait pas beaucoup. Il faudrait
s'ingénier à nous ménager des moments d'intimité dans la journée. Mais
avec les sorties d'ores et déjà programmées ? Ca n'allait pas être
facile. Heureusement (pour nous), une providentielle maladie
contagieuse, dont je ne me souviens plus du nom, lui a imposé dès le
premier jour une quarantaine stricte dans une nouvelle chambre. Nous
étions enfin seuls.
Un soir, épuisés par une randonnée au Canigou, nous nous étions
retirés très tôt dans nos quartiers. Maxence s'était précipité vers la
douche. Le jet bouillant provoqua l'envahissement rapide de la salle
de bain par un nuage de vapeur. Maxence n'avait pas fermé la porte.
Par l'entrebaillement, je pouvais apercevoir l'ombre de son corps
derrière les parois transparentes de la cabine de douche. Dieu, qu'il
était beau. Je devinais sa chevelure brune, sa peau mate, ses mains
sur son dos, son ventre, ses cuisses, son sexe. Je me surpris à
bander. Il se plia en deux, massant ses mollets, offrant une vision
trouble sur ses fesses musclées.
Maxence sortit enfin de la salle de bain.
- Tu peux y aller !
Mon érection n'avait pas eu le temps de se calmer. Je restais à la
fenêtre, Maxence dans mon dos.
- Alors quoi ? Magne-toi. J'ai envie de dormir, avec tous les
kilomètres qu'on a dans les pattes.
J'ai fini par me décider, espérant que le denim serait assez épais
pour masquer mon émoi. J'ai essayé d'être aussi discret que possible,
évitant de me retrouver directement face-à-face avec lui. Encore
décoiffé, il était superbe. Son torse imberbe, le léger duvet qui
courait sous son nombril, son intimité dévoilée sans pudeur, voilà qui
n'allait pas me permettre de retrouver mon calme avant longtemps. Je
me suis engouffré dans la cabine de douche, en oubliant de fermer la
porte derrière moi. J'ai ouvert au maximum le robinet d'eau froide. Au
bout de deux minutes, Maxence appela :
- Eh, Fabien, qu'est-ce que tu crois que Michel est en train de faire
en ce moment. Il doit se faire chier, non, cloîtré dans sa chambre
depuis deux jours ?
- Ch'sais pas. Tu sais, ça m'embête pas trop qu'il soit pas là. Moi
non plus. Au contraire.
- Tu sais quoi ?
- Quoi ?
- T'étais très mignon cet après-midi, à crapahuter sur les rochers.
- Merci. Toi non plus, t'étais pas mal. J'trouve quand même que tu
devrais éviter de provoquer les gens.
- Je provoque, moi ?
- Joue pas les idiots. Tu crois que j'ai pas vu que t'as fait exprès
de tomber dans le ruisseau pendant l'heure de pause.
- Et alors ?
- Pourquoi t'as enlevé ton T-shirt ? T'es déjà hyper bandant quand
t'es en short. Alors quand en plus il est mouillé, faut pas exagérer.
- Ah oui ?
Le souvenir de ce corps vigoureux, tendu par l'effort, enflamma mon
imagination. Le jet, chaud désormais, avait eu pour conséquence de me
détendre tout à fait. Enfin, pas tout à fait à vrai dire. Je bandais
de plus belle.
- J'pense encore à Michel. Lui qui comptait sur le voyage pour draguer
quelques filles de la classe ! Il doit être déçu quand même.
- Ben, il est bien obligé de faire contre mauvaise fortune bon
c&Mac254;ur, dis-je en sortant de la cabine et en revêtant vite fait
un survêtement que j'avais préparé.
- Et puis, il peut toujours se consoler tout seul.
- Arrête, c'est pas le moment.
En quittant la salle de bain, j'ai constaté que Maxence était allongé
sur son lit, les bras derrière le tête, vêtu d'un simple boxer blanc
qui ne cachait rien de son état d'excitation.
- Qu'est-ce que tu regardes ? Ah, mais tu bandes aussi, on dirait.
Le renflement qui déformait mon entrecuisse à travers le survêt'
m'avait trahi. Il était trop tard pour reculer.
- Ca te dirait qu'on se soulage ensemble ?
Mon intimité passée avec Maxence, je suis pas con quand même, devait
fatalement nous conduire à " passer au stade supérieur " un jour ou
l'autre. " On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans " (Arthur
Rimbaud). Nos sentiments ne risquaient-ils pas de souffrir du
franchissement de cette étape ? Est-ce que je ne donnais pas raison à
ceux qui nous taxaient d'amours contre-nature ? Je n'eus pas le temps
de poursuivre mes introspections. Maxence s'était relevé et s'était
approché. Il m'avait saisi par la taille. Il était à présent face à
moi. Je pouvais me noyer dans ses yeux si bleus. Invinciblement
attirées l'une par l'autre, nos bouches se touchèrent. C'était le
premier baiser que nous échangions. Pour moi, et je voulais croire
qu'il en allait de même pour lui, c'était le premier baiser tout
court. Ses mains ont descendu mon dos, vers mon cul. Il a écarté
l'élastique du survêtement et a saisi mes fesses. De mon côté, je
caressais sa nuque. Il abaissa mon slip. Ma queue, libérée, prit son
essor. Il me projeta sur son lit et vint souder ses lèvres aux
miennes. Nos corps disputaient un duel sensuel où il n'y avait pas de
vaincu. Le contact de sa langue, nos salives qui se mélangeaient, ses
mains sur mes pectoraux qui me titillaient les seins, mes mains
cherchant à s'insinuer dans son boxer. Il se redressa, de sorte qu'à
présent, il me dominait totalement. Il avança son bassin. Ma langue
pouvait toucher la bosse de son boxer. Il le fit glisser au niveau de
ses cuisses.
- Depuis longtemps, je rêve que tu me le fasses.
Avec délectation, je pris son membre en bouche. Mes caresses buccales,
l'agilité, surprenante chez un débutant, avec laquelle ma langue
excitait cette tige frémissante, tout cela lui arrachait des soupirs
de contentement. Ma tête était posée sur l'oreiller, ses mains étaient
appuyées contre le mur et ses coups de bassin faisaient pénétrer sa
verge plus profondément dans ma gorge.
- Je vais plus tenir très longtemps, me dit-il et il se retira. Il
s'est "assis" sur mes abdos, faisant porter le poids de son corps sur
ses cuisses repliées contre moi. Mes mains, incontrolables, couraient
de sa nuque à la naisance de ses fesses, s'attardant sur cette zone si
sensible. Il se branla et explosa : quatre longs jets de sperme ont
mouillé mon front, sali mes cheveux, inondé ma poitrine. Haletant, il
s'est laissé retomber sur moi et nos bouches se sont rencontrées pour
un baiser interminable.
- A toi ! C'est ton tour de jouir.
C'était à mon tour de connaître cet extraordinaire emportement
sensuel, ce tremblement qu'on sent monter en nous et qui finit par une
éruption irrépressible, un frisson qui vous submerge soudain,
suspendant le temps quelques secondes. Losque sa main s'est posée sur
mon sexe, déjà, j'ai cessé de réfléchir, ma pleine conscience de ce
qui se passait s'est obscurcie. Je crois que j'ai fermé les yeux et
que je me suis laissé porter par la vague sensuelle qui m'entraînait.
En même temps qu'il me branlait doucement d'une main, sa main libre
est venue flatter mes testicules, redoublant la puissance des ondes
mystérieuses qui me secouaient. J'ai instinctivement soulevé le bassin
pour qu'il pût atteindre mon cul. L'exploration de mon intimité par
son doigt (pourquoi me suis-je figuré que c'était le majeur?) était
plus que je n'en pouvais supporter. Un jaillissement formidable a fini
de m'emporter. J'ai poussé un cri, laissé échapper un râle plutôt. Si
le contact des lèvres de Maxence ne m'avait rappelé à la réalité, je
crois que j'aurais voulu me fondre dans cette éternité fragile que
l'amour physique recrée parfois.
Depuis, dans chaque étreinte volée, dans chaque corps à corps partagé,
dans chaque frisson éprouvé, dans chaque intimité négociée, n'est-ce
pas ce premier embrasement que j'ai toujours cherché à retrouver ?
N'est-ce pas ce contact primordial que j'ai toujours cherché à faire
revivre ? Depuis, chaque homme qui m'a fait l'amour n'at-il pas eu
toujours le visage de Maxence ?
Notre première se passa - scolairement- sans problème. Nous avons tous
les deux obtenu de très bonnes moyennes au bac de français. Maxence
est mort le 24 juin 2000 dans un accident de la circulation. J'ai raté
mon bac. Mes parents n'ont jamais compris que le décès accidentel d'un
camarade - fût-il mon meileur ami - ait pu m'anéantir à ce point.
J'ai survécu. Quelques années plus tard, j'ai rencontré Gaëtan. Il m'a
aidé à oublier.
Ai-je vraiment oublié ?
Gaëtan connaît mon drame, la déchirure de ma vie. Je n'aurais jamais
cru qu'il me fût encore donné d'aimer. Que ce fût seulement possible.
Mes trop nombreuses aventures sans lendemain ne m'avaient plus guère
habitué qu'à des rencontres inconfortables, des tendresses feintes,
des automatismes asséchés, des caresses sans chaleur, des plaisirs
"kleenex", sitôt assouvis, sitôt oubliés. Le souvenir de Maxence,
heureusement, me rappelait sans cesse ce qu'était la vraie passion.
J'ai rencontré Gaëtan. Avec patience, il a su me redonner l'envie de
vivre, il a su me réapprendre à aimer. Grâce à lui, je comprends que
rien n'est jamais perdu. Il est aujourd'hui tout pour moi.
A ceux qui désespèrent de la vie.
HISTOIRE N°3
Mon dernier plan
A 19 ans alors que je finissais a peine mon second degre,
je vins passer deux mois a Toulouse pour etudier le Français... Un
cours pour les etrangers... Je logeais a la residence universitaire
recemment construite un peu à l'ecart de la cite mais suffisamment
proche des salles de classes pour nous permettre de nous rendre au
cours à pieds. Un samedi apres-midi ensoleille, alors que nous
n'avions pas cours et que je me sentais vraiment en rut, je decidais
de me masturber au dessus du lavabo. J'avais a peine lubrifie mon sexe
avec un peu de savon et commence a trouver mon plaisir en me caressant
qu'un coup à la porte me fit paniquer. Je n'attendais personne et
cherchais une excuse, aussi je pretendis me laver les cheveux et
demandais qu'on revint dans quelques minutes. Il fallut alors que je
me mouille la tete pour rendre ce mensonge credible et du abandonner
mon penis pendant tout ce temps. Puis je me sechais avec une serviette
dont je drapais ensuite ma nudite. On frappa a nouveau. C'etait un
garcon d'une vingtaine d'annees, un Allemand blond aux yeux bleus et a
la peau douce que je ne connaissais pas tres bien et dont la chambre
se trouvais a l'autre extremite du couloir. Il parlait a peu pres
aussi bien l'anglais que moi l'allemand, alors nous utilisions ces
langues et le francais en plus pour communiquer. Il se tenait la me
fixant de ces grands yeux bleus, regardant mes yeux, ma bouche, mon
torse humide et ma serviette. Il semblait particulierement attire par
un petit grain de beaute qui se trouvait sous mon sein droit.
Il voulait juste un peu parler ce qui me convenait parfaitement. Je le
trouvais plutot mignon avec sa peau olive, ses cheveux blonds et ses
yeux bleus perçant. Il etait mince et costaud et semblait s'interesser
a moi. Il entra donc et s'installa sur le lit qui etait place contre
le mur dans le sens de la longueur. Sa nuque adossee sur un oreiller,
il se tenait presque allonge, les jambes largement ecartees laissant
facilement deviner les formes de son penis sous son blue jean. Comme
je n'avais rien sous ma serviette, j'avais seulement le choix entre
rester ainsi ou me changer devant lui. Je deplacais et replacais les
differents ustensiles de toilettes et fis quelques commentaires tout
en reflechissant a ce probleme.
Comme j'étais trop timide pour me changer devant lui, je m'assis donc
dans la chaise prés du lit. Alors qu'il se tenait donc sur mon lit en
bavardant tranquillement, sa main caressait furtivement son sexe a
moitie en érection dans son jean. Quand je m'assis, la serviette
glissa de mes hanches et commença a glisser en lui exposant mes
testicules. La tête qu'il fit alors me sembla particulièrement
attentive. Je tentais de réajuster la serviette, en tentant de masquer
mes parties avec l'autre main mais échouait si bien qu'en fin de
compte je me retrouvais nu devant lui ce qui me faisais me sentir très
vulnérable mais m'excitait aussi. Mes yeux passaient de ses yeux a sa
bouche, de sa main a son érection et mon penis était a présent
complètement érige du fait de la pression de ma main dessus. Notre
respiration se faisait plus rapide et nous nous sentions comme
échauffes tous les deux. Il se leva doucement et alla jusqu'a la
porte... qu'il ferma a clef avant de débraguetter son jean et de
libérer ainsi son penis qui darda droit devant lui. Son gland était
déjà humide, il le caressa un peu puis se débarrassa complètement de
son jean, son tee-shirt et son caleçon. Beaucoup plus a l'aise
maintenant, je laissais aller la serviette complètement afin de lui
montrer mon penis triomphant. Il vint a moi et se tint au dessus, je
sentais la chaleur de son corps mais ne voyais que son sexe. Je me
relevais alors, les yeux fixes sur les siens. Nous déglutissions tous
les deux avec peine. Au même instant chacun de nous saisit le corps
tendu de l'autre. Nos sexes se pressaient sur nos abdomens et nous
commencames alors a astiquer nos sexes presses entre nos corps. Nos
couilles étaient serrées contre celles de l'autre et le dos de nos
mains se caressait. J'éjaculais le premier sur son abdomen et ma
semence lubrifia notre peau tant et si bien qu'il pus avoir encore
plus de plaisir et de stimulation pendant une ou deux minutes avant de
décharger son sperme a son tour a trois reprises. Nous nous essuyâmes
avec la serviette et nous endormîmes ensuite profondément dans mon
lit. Cela dura une heure et demi puis nous allâmes dévorer quelques
frites a la cafeteria ...