Brésil : Les meurtres homophobes ne cessent d’augmenter

La communauté LGBT brésilienne déplore un meurtre toutes les 25 heures en 2016, et est touchée de plein fouet par la violence et les préjugés, dénoncés mercredi à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
L’ONG Grupo Gay da Bahia (GGB), qui recense les homicides de LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) au Brésil, dénombre 117 crimes de ce type de janvier à avril 2017, 20% de plus que sur la même période de l’année dernière.
En 2016, 343 meurtres ont été recensés par l’ONG, un triste record pour des statistiques établies depuis 37 ans, à partir d’estimations basées sur des mentions dans la presse et sur les réseaux sociaux.
Pour Genilson Coutinho, membre du GBB et éditeur du site spécialisé Dois Terços, cette recrudescence est due à « l’impunité ».
« Il n’existe pas de loi qui criminalise l’homophobie au Brésil. L’impunité renforce la violence quotidienne et institutionnalise la banalisation de ce genre de crime », déplore-t-il dans des propos recueillis par l’agence publique Agencia Brasil.
Selon l’ONG Transgender Europe, le Brésil est le pays où ont été recensés le plus grand nombre de meurtres de trans au monde, avec 900 morts de 2008 à 2016, loin devant le Mexique (271), près de la moitié du total de 2.264 homicides dans le monde entier.
En mars, une vidéo insoutenable montrant la travesti Dandara dos Santos tuée par balle et à coups de pierre à Fortaleza, dans le Ceara (nord-est), a révélé l’ampleur de cette violence, notamment dans cet État où trois trans ont été tués depuis le début de l’année.
La Gay pride de Rio, qui a attiré 600.000 personnes en décembre dernier selon les organisateurs, est elle aussi menacée.
Selon le journal O Globo, l’équipe du nouveau maire Marcelo Crivella, pasteur évangélique arrivé au pouvoir en janvier et connu pour ses dérapages homophobes, prévoit de remplacer la subvention municipale par un simple « soutien logistique ».
À l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, une audience spéciale était prévue mercredi au sein de la Commission d’affaires sociales du Sénat, à Brasilia, en présence de nombreux activistes LGBT.

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