Afghanistan: Les talibans utilisent de jeunes esclaves sexuels pour infiltrer la police

bacha bazi (« jeu avec des garçons ») désigne une tradition d’esclavage sexuel de mineurs. C’est la nouvelle arme des talibans dans leur guerre contre la police et l’armée afghanes.
« Ils sont là pour remplacer les femmes ». Les « bachas » (garçons en dari, l’une des langues du nord de l’Afghanistan) sont des esclaves sexuels dont l’exploitation reproduit une tradition pluriséculaire, acceptée et répandue dans un pays où pourtant l’homosexualité et le travestissement sont passibles de la peine de mort.

https://youtu.be/a-gioRtWjNQ

Mais là où l’amour entre des hommes consentants est vu comme une abomination, le viol de jeunes garçons par des hommes de 40 ou 50 ans nourrit à l’inverse une économie et un système très organisé. Des recruteurs arpentent tout le pays pour couvrir de fausses promesses des bachas souvent âgés de 11 à 13 ans au début de leur calvaire. Une partie de ces enfants finit comme esclaves sexuels de dignitaires de la police et de l’armée.
Les talibans afghans exploitent une tradition d’esclavage sexuel toujours en vigueur pour envoyer de jeunes garçons infiltrer des postes de police et les attaquer dans le sud du pays, ont rapporté à l’AFP des responsables locaux et des survivants de telles attaques.
Depuis deux ans les insurgés ont régulièrement recours à ces jeunes esclaves sexuels pour conduire des opérations – six au moins ont été comptabilisées rien qu’entre janvier et avril – qui ont coûté la vie à plusieurs centaines de policiers, principalement dans la province d’Uruzgan, selon des sources judiciaires, sécuritaires et des survivants de ces attaques.
»Les talibans envoient des garçons, de beaux garçons, infiltrer les barrages de police pour ensuite empoisonner ou tuer les agents », explique Ghulam Sakhi Rogh Lewanai, ancien chef de la police provinciale jusqu’en avril dernier. « Ils ont découvert la plus grande faiblesse de nos forces de police: le ‘bacha bazi’ », confesse-t-il.
A l’époque où ils dirigeaient l’Afghanistan (1996-2001), les talibans avaient interdit le « bacha bazi » et affirment aujourd’hui ne jamais y avoir recours dans le cadre de leur lutte contre les forces afghanes.
Pourtant, tant le gouvernement afghan que des associations de protection des droits de l’Homme affirment que les talibans font appel à des enfants-soldats.01
La quasi-totalité des 370 barrages et postes de police d’Uruzgan comptent au moins un jeune esclave sexuel
Le « bacha bazi » consiste à gommer tous les attributs masculins des garçons. Leurs « maîtres » les affublent de robes, les maquillent et les forcent à adopter une démarche efféminée. Les « bacha bazi » suppléent ainsi l’absence des femmes, peu visibles dans l’espace public de ce pays conservateur et l’impossibilité parfois de se marier en raison du coût élevé des dots.
Dans la majeure partie de l’Afghanistan, le « bacha bazi » est une pratique souterraine et taboue, mais en Uruzgan c’est un moyen d’accroître son prestige qui n’est en rien assimilé au viol ou à la pédophilie.
»La pratique du ‘bacha bazi’ est une forme d’esclavage sexuel d’enfants. Elle est perçue comme une coutume locale et non comme un crime », confirme Charu Lata Hogg de l’ONG Child Soldiers International, basée à Londres.

https://youtu.be/Aqt9OioF4uc

 

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