Canada : des milliers de migrants enfermés dans les prisons

Le gouvernement canadien a emprisonné 87 317 migrants entre 2006 et 2014, dont 807 enfants .
En 2014, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies et son Groupe de travail sur la détention arbitraire avaient fortement réprimandé le Canada pour le maintien en place de ce régime de détention. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, plus de 90 % des demandeurs détenus au Canada le sont pour des motifs qui n’ont rien à voir avec la sécurité.
En 2015, l’Université de Toronto a publié une étude concluant que la hausse de la détention des étrangers non criminels dans les prisons à sécurité maximale du Canada équivalait à un traitement arbitraire, cruel et inhumain qui viole les obligations internationales.
En 2016, sous le nouveau gouvernement canadien de Justin Trudeau, des ajustements au programme de détention ont été proposés et un meilleur financement de certains aspects a été annoncé. Mais le régime d’incarcération en place demeure pour le moment essentiellement inchangé selon différents groupes qui se préoccupent des droits des citoyens.
Le Canada est l’un des seuls pays «occidentaux» où la détention illimitée des étrangers sans statut légal est légale.
Durant les années du gouvernement conservateur du premier ministre Stephen Harper, le Canada a maintenu en prison en moyenne 11 000 migrants par an, allant jusqu’à un sommet de 807 enfants. Dans certains cas, ces jeunes enfants canadiens ont passé les premières années de leur vie derrière les barreaux.
En moyenne, 242 enfants ont ainsi été détenus annuellement entre 2010 et 2014, mais ces chiffres excluent tous les enfants détenus en même temps que leurs parents.
L’emprisonnement des enfants se poursuit et cela serait en violation des obligations juridiques internationales du Canada, concluait l’an dernier une étude dirigée par le programme de l’Université de Toronto sur les droits de la personne dans le monde.
Les enfants sont habituellement détenus dans les centres de surveillance de l’immigration de Laval, Toronto ou Vancouver, qui sont conçus pour des détentions à long terme.
La Croix-Rouge du Canada soutient que les mineurs ne devraient être détenus que dans des cas « vraiment exceptionnels » et le moins longtemps possible. Elle réclame aussi l’adoption d’une politique nationale sur cette question qui établirait des normes en matière de conditions de détention pour les migrants mineurs.

 

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