Les femmes sont en général obsédées par l’idée que leur mari serait gay

Paru en mai dernier dans sa version originale américaine, l’ouvrage de Seth Stephens-Davidowitz -, « Everybody Lies : Big Data, New Data, and What the Internet Can Tell Us About Who We Really Are » n’en finit pas d’avoir des échos médiatiques. Interviewé par Vox, l’essayiste affirme que nous nous vautrons tous dans le mensonge et les faux-semblants. En se basant sur les questions récurrentes que clavent les Internautes sur Google ainsi que sur leurs recherches pornographiques, il ne fait que rappeler une vérité qui fait le miel des moralistes et écrivains depuis des siècles. Stephens-Davidowitz revient toutefois sur une préoccupation féminine surprenante : les femmes mariées sont obsédées par l’idée que leur époux est secrètement gay.

 

Les femmes mariées ont-elle raison d’être aussi préoccupées par l’homosexualité cachée de leur mari ? La légendaire intuition féminine décèlerait-elle une vérité qui n’ose se clamer ? L’essayiste concède que beaucoup d’hommes sont dans le placard et qu’aux USA, ils sont 5% à être principalement attirés par les mecs. Mais dès lors que les hommes se marient à une femme, ils sont 98% à être vraiment hétéros. Ces épouses devraient beaucoup plus se préoccuper de l’alcoolisme et de l’état dépressif de ces messieurs ajoute Stephens-Davidowitz.

Soit ! Mais le même nous donne une information qui relativise la notion d’hétérosexualité : l’importance grandissante de scènes porno montrant des actes sexuels qui n’ont aucune finalité reproductive, comme la sodomie.

 

Je me suis toujours demandé comment l’homosexualité avait pu subsister malgré l’évolution. L’évolution n’est-elle pas supposée nous amener à désirer une relation hétérosexuelle avec des gens fertiles ? Mais après avoir étudié la pornographie, j’ai réalisé que l’homosexualité n’est pas le seul désir à n’avoir apparemment aucune raison d’être, compte tenu d’une perspective évolutionniste. Moins de 20% des pornos regardés ces temps-ci nous montrent une relation sexuelle vaginale aboutie entre deux personnes qui peuvent concevoir un bébé en bonne santé. Ce qui prime ce sont les dessins animés, les scènes complètes de sodomie, de fellation, de fétichisme du pied, de chatouilles, d’inceste, avec des vieux, avec des objets, etc.
Seth Stephens-Davidowitz

Et il en tire l’explication suivante :

C’est parce que nous grandissons dans des environnements très différents de ceux où nous avons évolué. Les enfants de chasseurs-cueilleurs n’ont pas regardé les Simpson. Et les adultes de chasseurs-cueilleurs n’ont pas regardé non plus la version porno des Simpson. Je pense que nous nous sommes développés afin que, si nous grandissions dans les conditions de chasseurs-cueilleurs, nous aurions pratiquement tous le même désir écrasant pour des relations sexuelles vaginales. Mais plus j’ai accès aux données, plus je suis convaincu que les conditions de vie moderne mènent la sexualité dans toutes sortes de directions. Et d’après ce que suggère ma modélisation des données, je pense que le sexe anal dépassera le sexe vaginal dans le porno d’ici trois ans.
Seth Stephens-Davidowitz

Oh oh… Il faut toujours se méfier des apparences et de ce qu’il y a derrière !

Aux chiffres on fait dire ce qu’on veut. Se focaliser sur des données statistiques ne résume pas l’humanité. Celle-ci n’a pas attendu le monde moderne et ses films porno pour se laisser aller à toutes sortes de sexualités et pratiques. Pour ne citer qu’elle, l’antiquité gréco-romaine regorge de textes et de dessins qui témoignent de pratiques non reproductives. Cela a notamment inspiré nombre de films et séries de genre peplum au contenu homoérotique ?

L’idée selon laquelle l’évolution devrait privilégier l’hétérosexualité n’est absolument pas pertinente. Le règne animal est peuplé d’espèces – mammifères et autres – où l’homosexualité est également répandue. Selon les scientifiques, elle remplirait des fonctions multiples. Entre autres :
– Apaisement des tensions sociales.
– Maintient de la fécondité quand les partenaires de l’autre sexe ne sont pas disponibles.
– Amusement pur ?
Il y a aussi des animaux qui changent de sexe selon leur âge, leur taille ou l’environnement (lire ici). D’autres ont plusieurs sexes, comme le fameux escargot, ou n’en ont qu’un et se reproduisent sans aucun mâle (lire ). Et ne parlons même pas du règne végétal où l’imagination est la règle !

Sans doute l’ouvrage de Seth Stephens-Davidowitz est-il plus nuancé que ce qui en ressort de cette interview. Il mérite une lecture approfondie dans une traduction française. Et puis l’idée que l’anal va détrôner le vaginal n’est vraiment pas pour nous déplaire ? ?

 

Article PinkTv

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