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Des réfugiés gays se sont confiés à la journaliste irakienne, Ennas Al Sharifi. Comment leur homosexualité est-elle acceptée au sein de leur communauté et comment la vivent-ils au quotidien? Des témoignages qui reviennent sur la violence d’être différent et réfugié.
Les persécutions dont souffre la population homosexuelle sont décuplées dans les sociétés où les normes sociales et les croyances religieuses stigmatisent les orientations sexuelles.
En Syrie et en Irak, par exemple, l’homosexualité est illégale et l’EI y a assassiné ces deux dernières années au moins 30 gays.
Plusieurs migrants viennent de pays musulmans conservateurs où l’homosexualité est taboue et certains d’entre eux osent pourtant en parler librement, maintenant qu’ils sont au Luxembourg.
« C’est le psy qui l’a annoncé à mes parents »
Mano a fui la Syrie en raison de la guerre qui y sévit et à cause de son homosexualité: il était victime de harcèlement.
« J’ai toujours su que j’étais différent » se confie-t-il, « je ne comprenais pas où se situait cette différence, ni comment la nommer mais j’ai toujours su que j’avais un secret à garder ».
Le jeune homme marque une pause avant d’ajouter: « C’était il y a une dizaine d’années et même dans mes cauchemars les plus noirs, je n’imaginais pas que mon pays pouvait imploser de cette manière ».
Mano se souvient: « A l’âge de 15 ans, mes parents m’ont envoyé chez un psy car ils pensaient que quelque chose clochait en moi. C’est lui qui leur a dit que j’étais gay ».
Une nouvelle qui a fait craindre à son environnement familial les pires remontrances: « La plupart d’entre eux pensaient, et le pensent peut-être toujours, que les homosexuels sont des gens qui devraient être hospitalisés, emprisonnés voire tués. Je me suis senti désespérément seul, là-bas. »Mano raconte comment Internet l’a sauvé, comment il y a appris que d’autres gens étaient comme lui et vivaient heureux.
En lisant ceci, il décide de fuir de Syrie. Il quitte alors Idlib pour Lebanon puis rallie la Turquie où il s’installe durant deux ans avant d’entreprendre son périple vers l’Europe.
Tout au long du voyage, Mano connaît le mépris et la violence des mots lorsque ses compagnons de fortune lui disent d’aller attendre avec les femmes. Au Luxembourg, les choses ont d’ailleurs empiré lorsqu’il a été transféré dans un foyer et qu’il a alors été harcelé.
« Après quelques jours, j’ai rencontré des amis gays qui venaient eux aussi de Syrie et d’Irak. Ils m’ont aidé à m’affranchir, à devenir celui que je souhaitais être. Et c’est alors que je suis tombé amoureux pour la première fois. Je suis tombé amoureux de Jmy ».
Son compagnon l’a alors aidé à assumer son homosexualité et quelques mois après, il a déménagé dans un petit appartement près du centre-ville.
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