Prostitution : le Parlement adopte définitivement la pénalisation des clients

Le Parlement français a adopté définitivement un texte qui sanctionne les clients de prostituées d’une amende de 1500 euros et supprime le délit de racolage, un texte salué par les associations féministes mais combattu par les prostituées.
L’Assemblée nationale, qui a constitutionnellement le dernier mot, a procédé aujourd’hui à la lecture définitive de cette proposition de loi socialiste qui divise tous les groupes alors que le Sénat, où la droite est majoritaire, refusait d’entériner ses deux principales dispositions.
Ce vote met fin à un long parcours parlementaire commencé en décembre 2013 d’un texte qui reprend un engagement de François Hollande lors de sa campagne présidentielle de 2012. Tous les groupes avaient laissé la liberté de vote à leurs députés, qui ont adopté le texte par 64 voix contre 12.
Le PS et le Front de gauche ont majoritairement voté pour. Les groupes écologiste et des radicaux de gauche ont majoritairement voté contre, de même que celui des Républicains (LR).
La prostitution sur internet, peu menacée par la nouvelle loi
Près de 5.600 escorts hommes offrent leurs services sur planetromeo.com, site de rencontre gay. Ladyxena.com, l’un des multiples portails d’escorts féminines, permet de sélectionner sa partenaire selon sa ville, son « ethnie », son âge « minimum » ou « maximum », sa « taille de bonnet » ou encore ses « cheveux ».
« Comme les sites sont basés à l’étranger, ils ne peuvent pas les faire tomber », commente toutefois Thierry Schaffauser, représentant du Syndicat du travail sexuel (Strass), lui-même référencé sur planetromeo. La proposition de loi sur la prostitution, dont la mesure phare prévoit la pénalisation des clients comporte bien un volet internet.
Son article 1 imposera aux hébergeurs et fournisseurs d’accès de mettre en place un système permettant aux utilisateurs de signaler des contenus frauduleux. Information qu’hébergeurs et fournisseurs d’accès devront ensuite impérativement rapporter aux autorités. Mais un tel dispositif, qui existe déjà pour lutter contre la pédophilie et le terrorisme, se prête mal à la lutte contre la prostitution, remarque Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de la communication.
La grande partie des pages pédopornographiques ou jihadistes bloquées le sont en effet via des algorithmes. Or un tel contrôle automatique est « impossible » pour la prostitution car le « risque d’erreur » serait trop grand, observe-t-il. Et d’expliquer: une machine ne peut faire la différence entre une femme dénudée et une prostituée dans une posture lascive. La « modération humaine » est davantage envisageable, mais vérifier tous les contenus nécessiterait « énormément de monde », note M. Ertzscheid.

Views: 0

Partager:
Translate »