Suisse : le Festival Everybody’s Perfect à Geneve

Du 14 au 22 octobre à Genève, le Festival Everybody’s Perfect ouvre une lucarne sur la vie des homosexuels, lesbiennes et transgenres à travers la planète. Avec un focus sur la Turquie.

La Suisse garantit le respect des droits des personnes LGBT. Cela n’empêche pourtant pas les actes homophobes – des agressions ont eu lieu cet été dans un parc à Genève, tandis que certains discours politiques minimisent ces droits. Dans un débat télévisé, un politicien populiste s’est dit «d’accord pour en faire plus contre l’homophobie, le jour où en fera autant contre l’UDC-phobie». Aucun pays n’est à l’abri de régressions sur ces questions, si l’on en juge par l’opposition virulente au «mariage pour tous» en France, ou la récente statistique des agressions homophobes en Grande-Bretagne depuis le Brexit (+147% selon l’association LGBT Galop).

Raison de plus pour se rendre à Everybody’s Perfect, du 14 au 22 octobre à Genève. Le festival, troisième du genre en Europe, met en avant les thématiques LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexe, queer).
C’est un carrefour militant, et pédagogique, comme en témoignent les séances scolaires organisées en partenariat avec le Département de l’instruction publique. «Le festival hétéro-friendly, ouvert à tous sans exclusive», insiste Agnès-Maritza Boulmer, cofondatrice et coorganisatrice depuis 2010.

Au total, durant huit jours, une centaine de fictions, documentaires et courts métrages seront projetés aux Cinémas du Grütli. Des films en majorité inédits, en provenance de tous les coins du globe. Des tables rondes aborderont le racisme, le sexisme et l’homophobie, le vieillissement LGBT (notre édition du 10 octobre), l’état d’intersexualité, la vie avec le VIH-sida, l’homosexualité et le monde du travail… L’artiste militant Paul Harfleet viendra présenter sa «guérilla jardinière» et une journée spéciale sera dédiée au sexisme et à l’homophobie en Turquie (lire ci-dessous).

Everybody’s Perfect respecte un équilibre thématique entre gays, lesbiennes et transgenres, évitant un communautarisme au sein de la galaxie LGBT. A la fois réflexif et festif, le festival attend 7000 spectateurs cette année. «On voit de plus en plus de jeunes queer dans le public», se réjouit Agnès-Maritza Boulmer. Ancienne de l’association Etat d’Urgences, cette féministe des années 1980 se souvient qu’aux débuts de l’Usine, les ­homos étaient absents de la scène alternative – ou pas encore sortis du placard. Les choses évoluent, le temps passe et Everybody’s Perfect débat ­aujourd’hui du troisième âge LGBT. Gen Silent, documentaire oscarisé, tend le micro à des aînés confrontés à la crainte de la stigmatisation et du rejet en EMS. Il est dès lors question d’établissements spécialisés pour personnes LGBT: la Suisse, à la différence d’autres pays d’Europe, n’en dispose pas, mais un projet existe à Zurich. Plus sur le site le courrier .ch

 

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