Taiwan

Taiwan : Le pays pourrait devenir le premier État d’Asie à légaliser le mariage gay

L’indépendantiste Tsai Ing-wen a remporté l’élection présidentielle de janvier 2016 avec 56 % des voix contre 31 % pour Eric Chu, le candidat du parti jusqu’ici au pouvoir, le Kuomintang (KMT). Tsai Ing-Wen devient ainsi la première femme à la tête de l’Etat. Le Minjindang (Parti Démocrate Progressiste) dont elle est issue remporte de son côté 68 des 113 sièges du parlement, lui offrant ainsi une majorité parlementaire solide.
En votant pour la candidate du PDP, la population de Taiwan a confié pour la première fois les rênes du pays à une femme, qui plus est gay friendly.
Les deux dernières tentatives du Parti démocratique progressiste (PDP), en 2003 et 2012, visant à faire passer un décret autorisant le mariage homosexuel avaient été fermement déboutées par les militants chrétiens qui s’y étaient opposés à 75% et leurs alliés au sein du Kuomintang (KTM), le parti alors au pouvoir.
Interrogée au cours de sa campagne sur sa position vis-à-vis du mariage homosexuel, la présidente déclarait : « En amour, tout le monde est à égalité. Je suis Tsai Ing-wen, et je soutiens le mariage égalitaire. Que tout le monde soit libre d’aimer à sa guise et de trouver le bonheur », rapporte Têtu. Le passage de cette loi autoriserait non seulement les homosexuels à se marier, mais aussi à avoir recours à la gestation pour autrui (GPA). Ils obtiendraient également les mêmes droits que les couples hétérosexuels en matière d’héritage et de succession.
Des progrès peuvent déjà être observés depuis l’accession au pouvoir de Tsai Ing-wen, puisque depuis le mois de mars les six régions qui composent Taïwan reconnaissent les partenariats civils, un équivalent du PACS français. Les changements ne sont cependant pas seulement politiques, l’opinion publique a elle aussi beaucoup évolué depuis 2012.
Un sondage en ligne réalisé en 2015 et soutenu par le ministère de la Justice révèle que 71% des participants sont pour la légalisation du mariage gay. La chaine de télévision américaine CNN rapporte cependant que les membres de la communauté LGBT taïwanaise ont encore du mal à faire leur coming out auprès de leurs parents, souvent bercés par une idéologie très conservatrice.
Avec un gouvernement supposé être beaucoup plus libéral que le précédent, la communauté LGBT attend donc beaucoup de la part de ses représentants politiques. Yu Mei-Nu, la députée PDP en charge du projet de loi, entend toutefois tempérer la joie des pro-mariage gay. Selon elle, même si le texte est bien présenté d’ici la fin de l’année, il ne devrait passer qu’à la fin du mandat de la présidente Tsai Ing-wen, en 2020, rapporte CNN. Cependant, l’opposition s’est récemment dite prête à négocier avec le gouvernement affirmant que les droits des personnes LGBT étaient aujourd’hui une priorité.

 

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