Chelsea Manning sera libérée en mai grâce au pardon présidentiel. Cette femme transgenre de 29 ans avait écopé de 35 ans de prison pour avoir divulgué des secrets militaires. Des secrets qui avaient largement contribué à faire connaître WikiLeaks. Parmi les 250 000 documents confidentiels dévoilés, certains démontraient les effets collatéraux et dévastateurs des interventions américaines en Afghanistan et en Irak.
Chelsea Manning est considérée comme un traître à la patrie par la droite américaine, comme un héros par toutes les voix critiques vis-à-vis de l’impunité dont bénéficient les appareils d’Etat
Si le président élu Donald Trump n’avait pas réagi mardi en fin de journée, nombre de ténors républicains ont exprimé leur mécontentement.
Le sénateur de l’Arkansas Tom Cotton a déploré qu’un « traître » soit traité comme un « martyr ». Il a affirmé ne pas comprendre « pourquoi le président aurait une compassion particulière pour quelqu’un qui a mis en danger les vies de nos soldats, de nos diplomates de nos agents de renseignement et de nos alliés ».
Le sénateur John McCain a dénoncé « une grave erreur » qui risque « d’encourager d’autres actes d’espionnage et d’affaiblir la discipline militaire ».
Chelsea Manning , dès 2010, Manning, a revendiqué son identité féminine. Elle avait subi onze mois de mise à l’isolement dans la prison de Quantico (Virginie), avant son procès. Une pratique qu’utilisent les établissements pénitentiaires à l’encontre des personnes transgenres, en avançant que ce régime est appliqué «pour leur propre protection». Le confinement excédant quinze jours est en réalité considéré comme une forme de torture par l’ONU.
Bien que les médecins aient reconnu la dysphorie de genre de Chelsea Manning, c’est dans une prison militaire où ne sont incarcérés que des hommes, à Fort Leavenworth (Kansas), qu’elle doit purger sa peine. Durant cinq ans, l’armée lui a refusé l’accès à des soins médicaux adaptés. Elle commettra plusieurs tentatives de suicide, avec pour punition de nouvelles mises à l’isolement. Il aura fallu une grève de la faim et une plainte de l’ACLU (American Civil Liberties Union) pour que l’armée concède en 2015 à lui accorder un traitement hormonal.
Views: 0